Halte au dilatoire

L’économie du Sénégal n’est pas à plaindre loin s’en faut. Il suffit tout simplement d’aller au ministère des Finances ou de faire un petit tour dans la sous-région pour s’en convaincre.

Il n’y a à ce jour dans notre pays aucune ressource minière significative exportable ou transformable qui nous rapporte des devises, mais nous avons pu accumuler beaucoup de recettes qui nous ont permis d’augmenter notre taux de croissance malgré une conjoncture économique mondiale insoutenable pour les pays pauvres. Il est à noter au passage que c’est tout le système libéral qui a échoué car toute entreprise humaine quelle quelle soit qui n’intègre pas l’homme dans toute sa dignité, tombe.

Notre balance commerciale déséquilibrée de manière récurrente du fait du faible volume de nos exportations par rapport à la masse impressionnant des produits de toutes natures que nous importons tous les jours que Dieu fait n’est pas pour nous faciliter les choses.

La pluviométrie déficitaire dans quelques régions vient accroître les difficultés que le gouvernement a su gérer malgré vents et marrées.

Sous ce rapport, nous pouvons dire à haute et intelligible voix que le Sénégal est digne de respect. L’augmentation sauvage et illimitée du prix du baril de pétrole aujourd’hui à près de 140 Usd est à l’origine de la crise alimentaire qui secoue les pays à économie faible.

Si nous prenons l’exemple du pain, il est loisible à tout un chacun de comprendre que le gouvernement ne peut rien sur l’augmentation du prix de cette denrée parce que nous ne sommes pas producteurs de blé qui sert maintenant comme d’autres céréales à fabriquer du biocarburant. Il est donc évident que le produit va se raréfier, ce qui va irrémédiablement entraîner une inflation sur le prix de la farine et incidemment sur le pain, qui se mange plus d’une fois par jour.

Le même constat peut se faire sur beaucoup d’autres produits. Dans ce contexte absolument difficile, l’Etat a pris son courage à deux mains pour subventionner certains produits comme du reste le pain mais aussi le gaz, le riz et beaucoup d’autres denrées sensibles et c’est des milliards qui sont décaissés au Trésor tous les mois pour satisfaire la demande sociale qui est la principale préoccupation du gouvernement.

Comment donc est-on parvenu à atteindre tous ces objectifs vitaux et procéder à beaucoup d’investissements publics ? Le gouvernement a tout simplement bien travaillé. Le ministère de l’Economie et des Finances a mis en place un système fiscal on ne peut plus rigoureux qui a permis d’accumuler de façon primitive des centaines de milliards et asseoir un budget assez conséquent malgré le manque à gagner causé par ceux qui devraient payer des impôts ou des taxes à savoir certains détenteurs de moyens de production, commerçants ou autres acteurs économiques et qui ne s’acquittent pas de leur devoir.

La santé financière du Sénégal n’a jamais été aussi reluisante contrairement à ce que dit une certaine catégorie de "citoyens" qui présagent ou souhaitent la famine, la banqueroute ou une récession économique au Sénégal.

Sur quoi se fondent-ils pour dire que les salaires des fonctionnaires par exemple ne pourront plus être payés ? Eh bien sur rien sinon que tout cela fait partie du plan diabolique de cette même catégorie de "citoyens" qui cherchent par tous les moyens à déstabiliser le président Wade qui a été démocratiquement élu et dans la transparence.

Le rôle d’une opposition saine, responsable et crédible est d’être un contrepouvoir à l’instar d’un mouvement syndical suffisamment responsable et une interface respectable et sérieuse qui accepte de dialoguer avec le pouvoir ou de faire des propositions alternatives salutaires pour parer aux échecs ou aux erreurs du gouvernement

Les assises nationales qui ne veulent rien dire ne servent à rien car ceux qui les ont initiées ne peuvent rien dire qui puisse rassurer les Sénégalais parce que la plupart d’entre eux avaient échoué il y a quarante ans et sont même disqualifiés depuis le jour ou ils ont boycotté les élections législatives et ils doivent savoir que l’erreur en politique se paye toujours.

Ils convaincraient en posant des questions relatives au développement économique et social de notre pays. Le problème de la fiscalité pourrait inspirer tout citoyen soucieux du devenir du Sénégal. Le premier exemple que je leur conseillerai de prendre concerne l’énergie qui est notre plus gros casse-tête. Je pense sur cette question qu’un début de solution pourrait être donné par l’énergie solaire qui peut fournir près de 25 % de nos besoins en électricité car comme vous le savez, le soleil, qui est une ressource renouvelable, est présent sur toute l’étendue du territoire et puisqu’il y a 300 jours d’ensoleillement au Sénégal, il suffit tout simplement de mettre en branle une bonne politique énergique en relation avec la Senelec, pour au moins mettre fin aux coupures, pannes ou autres désagréments que nous vivons depuis plus d’une décénie.

Le professeur et non moins savant Cheikh Anta Diop (paix à son âme) avait découvert sur tout le couvert végétal du pays une plante pouvant donner un produit appelé biomasse qui, amélioré, peut également donner du caoutchouc qui, à son tour peut permettre la fabrication de pneus qu’on pourrait vendre pas loin de chez nous au Nord Nigeria par exemple.

Le Sénégal dans la meme lancée peut se donner grâce à sa diplomatie bien cotée les moyens de délocaliser des industries et même de raffiner du pétrole étranger pour l’exporter, au double bénéfice du producteur et du Sénégal.

En résumé, il faut dire que si nous voulons arriver à baisser les impôts indirects et les taxes sur la plus-value nous devons obligatoirement démultiplier nos activités économiques, accumuler le plus de devises possibles pour ne plus compter que sur la fiscalité pour vivre.

La Goana est une opportunité à dimension nationale que tous les Sénégalais pour ou contre le président Wade doivent saluer et intégrer. Les mesures d’accompagnement de cette grande offensive doivent être immédiatement érigées. Il s’agit entre autre de la construction de pistes de production, de créer des usines de fabrication d’engrais, de mettre en place un système d’irrigation approprié pour chaque zone agricole.

C’est ainsi qu’on pourra rééquilibrer notre balance commerciale, en exportant par exemple des produits "made in Sénégal " et en arrêtant définitivement l’importation du riz qui nous procure l’essentiel de nos recettes fiscales mais qui est la cause principale du déséquilibre de notre balance commerciale. L’objectif de ce retour à la terre sera donc d’atteindre l’auto-suffisance alimentaire et de faire rentrer des milliards grâce à nos échanges commerciaux.

L’autre aspect du problème est à chercher dans le train de vie de l’Etat qui, à mon sens, est assez élevé pour un pays en développement et qui, en l’espace d’une dizaine d’années, a connu une explosion démographique sans précédent. Les missions diplomatiques sont nombreuses et coûteuses, les voyages et le nombre impressionnant de personnes qui accompagnent souvent le président dans ses déplacements sont à revoir. Certaines institutions comme le Conseil régional, le Sénat avec ses nombreux sénateurs ne servent pas à grand-chose. Le nombre de députés et de ministres est excessif pour un petit pays comme le nôtre. On ne peut pas participer à une course et porter des sacs de plomb.

L’adversité wadiènne doit savoir qu’une bonne opposition républicaine et respectable devrait, au lieu de perdre son temps à pérorer inutilement, poser de pareilles questions pour s’octroyer la sympathie populaire et espérer un jour battre le parti au pouvoir.

Ibrahima SOW Prof. de français à la retraite Hamo 3S 93

 

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