Serigne Bamba Khadimou Rassoul Fondateur du Mouridisme
Cheikh Ibrahima Fall Baboul Mouridina (Lamp Fall)
Le
plus en vue dans l'organisation mouride, c'est certainement Cheickh
Ibrahima Fall. Descendant de la grande dynastie des anciens "damels
"du Cayor(roi du Sénégal des royaumes).
Préposé à l'organisation pratique et aux travaux les plus
difficiles(défrichage et culture des champs, collecte du bois de
chauffe, construction des concessions, transport des récoltes,
etc.)Le fondateur de la branche des "baye Fall ", une des
principales composantes du mouridisme, s'est donné corps et âme au
service de celui qui fut son seul et unique maître.
L'union entre Cheickh Ibra Fall et Khadimou Rassoul aurait été
scellé loin des yeux, des coeurs et des esprits. Après avoir fait ses
humanités dans son village natal(Ndiaby). Il devint un érudit de
l'Islam passait ses journées sous un lourd tamarinier situé dans la
forêt du cayor. Ce lieu de recueillement, le saint homme en
interdisait l'accès au-delà du couché du soleil parce que disait- il
: " ce lieu fréquenté par des esprits maléfiques" Son adoration pour
DIEU et sa retraite volontaire loin des hommes et des choses
mondaines, avaient valu à Cheickh Ibra d'être considéré comme sujet
à des troubles mentaux. Aussi proposait-on à son père de l'éloigner
d'autant plus que le jeune Ibrahima Fall, était doté d'une telle
puissance physique qu'on craignait toujours le pire.
Par la suite Cheickh Ibra Fall s'en alla un jour à la recherche de
celui qui devait être plus tard son maître. De nombreuses péripéties
ont marqué cette longue recherche, jusqu'au jour ou la rencontre eu
lieu. Les chercheurs et autres conférenciers notent d'ailleurs
beaucoup de similitudes avec le jour ou Seydina Omar Ben Kateb venait
acte d'allégeance auprès du Prophète Mohamed(pst)comme 40e disciple. Ce
jour là à Mbacké Bari, Khadimou Rassoul aussi était en était encore à
ses 39 talibés et Cheickh Ibra Fall était le 40e.
Par
son action et son enseignement, les Baye Fall sont devenus les bras
utiles du Mouridisme. A la disparition de Serigne Touba en 1927, Cheickh
Ibra a étonné tous ceux qui attendaient de sa part des scènes
d'hystérie. C'est plutôt avec beaucoup de philosophie que et de
pondération que Cheickh Ibra accueilli la nouvelle. Aujourd'hui c'est
son petit fils Serigne Moudou Aminta Fall, qui occupe le khalifat, après
les passages très remarqués de Serigne Moustapha Fall(1930-50), Serigne
Mor Talla Fall(1950-54), Serigne Abdoulaye Fall Ndar, Chérif Assane Fall
et Serigne Abdou Sakor. Cheickh Ibra compte de nombreux enfants dont
l'aîné Serigne Falilou Fall, mort durant la première guerre mondiale où
il s'était engagé sur instruction de Khadimou Rassoul.
Après avoir plusieurs fois refusé de prendre son autonomie , Cheickh
Ibra Fall finit par s'installer à Touba Fall et consacrait plus tard de
nombreux autres Cheickh. Il fur rappelé à DIEU le 9 juin 1930 à l'âge de
72 ans, après avoir aidé à asseoir le khalifat de Serigne Mouhamadou
Moustapha Mbacké, fils aîné de Serigne Touba.
De son vrai nom Mouhammad Ben Mouhammad Ben Habiballâh, CHEIKH AHMADOU BAMBA MBACKE nous parvint par la grâce de Dieu au mois de Muharram en l'an 1272.h, soit l'an 1855, à Mbacké, une localité dans le Baol du Sénégal des royaumes.
Fondé
par son grand-père, le village porte le nom de la famille des Mbacké dont la
piété trés connue leur valut une influence religieuse particulière, un
respect et une vénération pour la FACE de DIEU. Hommes de haute culture et
d'une orthodoxie stricte dans l'assimilation des valeurs culturelles
Islamiques, ils firent du village de Mbacké un centre académique et une
capitale spirituelle. Le père du Cheikh, Mouhammad Mbacké, appelé Mame Mor
Anta Saly, était un éminent jurisconsulte, un dévot qui enseignait le CORAN
et les Sciences Religieuses ; sa mère, Mariama Bousso, grâce à sa piéte, sa
vertu et son scrupule, eut le priviliège de répondre au nom de
"Jâratul-lâh"(voisine de DIEU) au milieu des siens. Ses parents ont très tôt
découvert en lui une perfection innée qui s'est traduite par des attitudes
et des habitudes de piété, de bonne conduite morale, de dévotion, de
solitude, de méditation et un comportement exécrant l'amusement, l'indécence
et le péché. Partout ou il passa durant son cursus, après avoir parfaitement
assimilé le CORAN, que ce soit pour l'acquisition des Sciences Religieuses
ou Instrumentales comme la Grammaire, la Prosodie, etc, on lui reconnut
unanimement une perfection spirituelle qui ne pouvait que résulter d'une
lumière provenant de DIEU.
Jusqu'an
l'an 1300.h (1882), il assurait l'enseignement auprés de son père et sa
carrure intellectuelle lui avait permis , dans le cadre des fonctions que
celui-ci lui confiait, d'écrire dans certains domaines des Sciences
Religieuses et Instrumentales pour les rendre plus accessibles.
Il
composa à cet effet le "Jawharu-n-nafis"(le joyau précieux) qui est une
versification du traité de jurisprudence de Al Khadari , le "Mawâhibul
Quddûs"(les dons du TRES-SAINT) qui est une reprise versifié de l'ouvrage de
théologie de de l'Imam As-Sanûsi"Ummul Barâhin"(La soucre des preuves), le
"Jadhbatu-ç-çighâr"(l'attirance des adolescents)qui est un ouvrage traitant
particulièrement des articles de la foi, le
"Mulayyinu-ç-cuddûr"(l'Adoucissement des coeurs) qui reprend en
versification le "Bidâyal Hidâya"(Le commencement de la Bonne Direction) de
l'Imam Al Ghazâli ; Le Cheikh reprendra par la suite ce poême sous le titre
de "Munawwiru-ç-çuddur"(L'Illumination des coeurs). C'est un ouvrage qui
traite du perfectionnement Spirituel.
Plus
tard, il composera bien d'autres ouvrages dans les domaines de la
Jurisprudence, de la Théologie , du Soufisme, de la Bonne Education et dans
d'autres branches comme la Grammaire.
L'an
1301.h(1883), qui est le point de fracture le plus important de son
hagiographie, apportera (nous le verrons plus loin) de grandes mutations
dans son domaine spirituel et du même coup, dans sa personnalité
intellectuelle; en gros, des changements qui ont reconverti entièrement sa
plume au service du prophète, dans les thèmes tels que :
- La
glorification de la venue au monde du Prophète,
- L' exaltation de l'Unicité de DIEU, dans le service du Meilleur des
Envoyés,
- Le combat spirituel du Prophète,
- La plus grande victoire de la foi sur l'infidélité sous on Egide (Bedr),
- La victoire de la soumission, en l'occurrence l'Islam, sur l'Idolâtrie, en
un mot, la réhabilitation de l'Islam.
Le
rappel à DIEU de son père, survenu une nuit du mardi du mois Muharram de
l'an 1300h.(1882) à Mbacké du Cayor, non seulement venait lui ôter la
tutelle de celui-ci à qui il obéissait religieusement, mais allait relever
sa vraie physionomie mystique et spirituelle.
Le stade
de dévotion à DIEU qu'il atteignit, malgré les hostilités que lui
manifestaient les gens de son époque, démontre sans équivoque son
appartenance au cercle " des hommes de DIEU "
Il
n'était l'esclave, ni des futilités du Bas-Monde, ni de l'Autorité Coloniale
dominatrice, ni de celle des chefs païens de la vieille aristrocatie locale.
Cette
attitude d'un homme esseulé, dénonçant l'arbitraire et la corruption d'où
qu'ils viennent, lui suggèrent et ne reconnaissant que la Seule Autorité du
MAITRE des Mondes, allait marquer sa vie.
C'est
ainsi qu'en réponse aux dignitaires qui, à la suite de l'oraison funèbre de
son père, lui suggèrent d'accepter d'occuper la fonction de conseiller du
roi, il déclina cette offre du bénéfice de l'obligeance des sultans et
écrivit :
"Penche
vers les portes des sultans-m'ont-ils dit - afin d'obtenir des dons qui te
suffiraient pour toujours"
"DIEU me
suffit-ai-je répondu-et je me contente de LUI, et rein ne me satisfait si ce
n'est la Religion et la Science."
"Je ne
crains que mon ROI et ne porte mes espoirs qu'en LUI-comment disposerais-je
d'ailleurs ma destinée entre les mains de ceux qui sont incapables de régler
leur sort?"
C'était
là un double défi lancé à la fois aux sultans à qui le Cheickh rappelait
leur servitude vis-à-vis de leur SEIGNEUR ALLAH et à l'élite de l'orthodoxie
musulmane dont il dénonçait la complaisance.
Quand
aux grands maîtres de la gnose de son époque animés du dessein de
l'éprouver, ils ne tardèrent pas à découvrir leurs lacunes, san toutefois
arriver à sonder les profondeurs de sa spirutualité.
Ses
confrontations avec l'administration coloniale représentaient cependant
lm'un des aspects les plus importants de son hagiographie.
Au début
du 19 ème siècle, les exigences de l'industrialisation (recherche de matière
première et de marchés) et la volonté impérialiste de l'Europe , ayant
aboutit à la colonisation , ont dicté à la France une politique de conquête
territoriale à partir des anciens comptoir commerciaux.
Cette
politique expansionnisterencontra au Sénégal de farouches résistances , tant
du côté des chefs musulmans que de celui des "thiédos"(guerriers de
l'aristocratie).
Mais en
1891, la conquête territoriale fut achevée dans un constat d'échec de toute
la resistanec armée au Sénégal. C'est alors que la France entreprit
d'assimiler la colonie du Sénégal aux valeurs culturelles occidentales et,
pour y réussir , elle proposa sa religion, et la suppression pure et simple
ou, à défaut ,la corruption du culte exclusif rendu à DIEU.
Elle
mena alors un combat sans précédent allant de l'éloignement (internement) au
bannissement et à la déportation des guides spirituels , pour démobiliser
les fidèles.
Son
aspiration profonde à DIEU et son amour ardent envers l'Elu de DIEU furent
tels que DIEU lui révela DIEU, selon son expression, et devant la Splendeur
de Sa GRANDEUR, il entreprit d'être fidèle au Pacte Primordial de Soumission
( à DIEU) , alors DIEU lui indiqua le Prophète qui est le Guide de la Voie
de la Soumission.
Lorsqu'en1301.h(1883)l'Elu lui parvint, il conclut avec lui le Pacte
d'Allégeance, pour LA FACE de DIEU et ce Dernier lui ordonna d'engager ses
disciples dans cette Voie . Le Mouridisme était né. Ce fut à Mbacké Cayor.
Ainsi le
culte exclusif qu'il proffessait devenait public, car il commença à
l'inculquer à ses disciples, c'est pourquoi il devint l'ennemi numéro un du
povoir colonial.
Non
seulement les foules affluaient vers lui, mais il fonda la ville de TOUBA
pour mieux servir avec elles la Cause de DIEU.
Dans son
ardeur spirituelle, il voultu accéder au rang des compagnons , serviteurs du
Prophète, qui ont combattu à Bedr.
Ce degré
suprême (CORAN S.9 V.20) dont parle le CORAN à l'endroit des compagnons ,
est obtenu par le sacrifice du sang versé en vue d'élever la Voix de DIEU.
Et
l'abrogation de la perscription du sang versé , à cause du Pacte
d'Allégeance, devait mener le Cheikhdans la Voie du Combat Spirituel qui
celle du sacrifice de l'âme et des biens pour la cause de DIEU, dans le
respect du sang des autres.
En
1312.h(1895), dans sa retraite spirituelle(Ittikaf), le Prophète lui
signifia que le sang versé était abrogé et que le prix qui fait accéder à ce
rang est une somme d'épreuves trop lourdes à la charge exclusive du
postulant.Le Pacte fut conclu et le décret DIVIN le mit en confrontation
avec ses ennemis contemporains pendant plus de trentes deux ans durant
lesquels il brava les exils , les brimades, les persécutions et les
bannissements, pour se raffermir dans la profession de l'Unicité de DIEU, ne
reconnaissant qu'un Seul Maître, DIEU et DIEU exclusivement. Il en soriti
auréolé de succès.
Et de ce
combat, il impétra le rang de SERVITEUR PRIVILEGIE du PROPHETE.
Autant
le pouvoir infidèle voulut, à travers l'exil au Gabon, en Mauritanie, les
persécutions, les résidences surveillées à Thiéyène et à Djourbel, corrompre
la foi musulmane, autant le Cheickh, dans son mystère inviolable et son
indépendance dans le culte rendu à DIEU, à réhabilité l'Islam dans sa forme
la plus authentique.
Partout
dans le pays , le Cheickh a revigoré la foi musulmane, redonné aux
populations, sans la contrepartie de leur sang, et leur dignité et leur
personnalité. Il a de surcroît introduit le plus naturellement dans les
moeurs la soumission exclusive à DIEU et non une quelconque auter autorité.
Ainsi, la Communauté Musulmane retrouvait son âme.
Durant
les trente deux années d'épreuves son itinéraireeut un impact sur ses
oeuvres, l'inspiration étant l'expression de l'état de l'âme.
A partir
donc de l'année 1313.h(1895), l'étape du combat contre l'infidélité fut
marquée par une production inestimable de panégyriquesenvers l'Elu le Plus
Pur (Al Mustafâ°, le Choisi le Meilleur(Al Mukhtar) , des écrits d'action de
grâce envers DIEU et son Prophète, de Sagesses, d'Hagiographie, d'Oraisons
Initiatiques, Incantatoires et Mystiques.
En
1346.h(1927), DIEU exauça ses voeux en le favorisant d'un séjour terrestre
équivalent au nombre de versets de la sourate" Les
Groupes"(Sûratu-z-Zumar)dont l'issue (le soixante douxième verset)est la
récompense d'une vie entièrement dévouée à DIEU :
"Ceux
qui auront craint leur SEIGNEUR seront conduits par groupes vers le Paradis.
Lorsqu'ils seront en vue des Portes, celles ci s'ouvriront toutes grandes,
les préposés leur diront : "Que la Paix vous suivent! vous avez été si
vertueux, si purs. Entrez en cette Demeure pour un séjour éternel." Les voix
des bienheureux s'élèveront en choeur : "LOUANGE A DIEU"